mercredi 8 décembre 2010

KELEYA - VISITE DE M.KASTRIP

Mercredi 1er décembre

Aujourd'hui, c'est jour de fête au village. Nous attendons la visite du financeur du Centre Professionnel d'Apprentissage des Métiers de Keleya et tout a été mis en oeuvre pour que l'accueil soit des plus chaleureux.
Le centre existe depuis deux ans mais c'est la première fois que M.Kastrip vient sur les lieux de son investissement.

Par le plus grand des hasards, nous avons la chance de nous trouver ici aujourd'hui...


La visite commence par les plus petits : le jardin d'enfants.


Tout le village était présent pour accueillir M. Kastrip.


Cérémonie d'accueil.


M. le Maire et l'animateur.


Les vêtements présentés ont été conçus par les modèles eux-mêmes.


Remise des attestations de qualification professionnelle aux élèves couturiers.


Visite de l'atelier de filage-tissage.


A la fin des visites officielles, l'ambiance était assurée par la troupe musicale venue de Bamako.


La journée fût conclue par un match-démonstration d'ultimate frisbee.

mardi 7 décembre 2010

KELEYA : MALAFENI

Lundi 29 novembre.

Remise des photos aux filles de Diamanti

Ce matin nous allons à l'école municipale afin de remettre les photos d'équipe des filles de Keleya : Diamanti. Nous sommes accueillis par le directeur du second cycle.



« Petite » escapade a Malefeni

Louise nous demande si on peut aller initier une quinzaine de jeunes filles à l’ultimate dans un village proche. On se met d’accord pour faire ça le lundi après-midi.

Mais nous n’avions pas tous les détails de ce périple… Malefeni se trouve à 40 km de Keleya. 40 km de piste exactement à travers la brousse et quelques villages. Nous voici donc partis a 14h, en pleine chaleur, sur la piste en Djakarta au milieu de la brousse et de la poussière. Il nous a fallu presque 2h pour atteindre Malafeni. Rouler sur la piste, c’est top, les paysages sont magnifiques, on prend le temps…

Arrivés a Malafeni, nous sommes reçus par le directeur de l’école. Apres les inévitables salutations, nous voilà sur le terrain du village avec une soixantaine d’enfants !!! tous pré-selectionnés par les instituteurs pour l’initiation frisbee. On a l’air un peu ridicule avec nos 4 disques…

Après discussions et quelques explications, on décide que les petits de moins de 7 ans ne seront pas initiés. Les filles sont partagées en 3 groupes : les plus grandes, qui seront le départ de l’équipe locale, et 2 autres groupes d’âge. Enfin, un 4ème groupe composé de garçons est créé. C’est parti pour l’initiation au lancer. Les filles, peu stimulées par des activités sportives ont quelques soucis de coordination. C’est d’ailleurs à partir de ce constat que Right To Play a décidé de promouvoir l’ultimate frisbee pour les jeunes filles, afin qu’elles aussi, dans les villages, aient le droit à une activité sportive. On passe 1h30 à lancer, faire des face à face. Nous n’avons pas le temps d’expliquer les règles du jeu. Cette première initiation tournera simplement autour du revers et du catch a la crocodile.

Les sourires sur les visages pleins de sueur et de poussière sont énormes. Ca fait vraiment plaisir à voir.

C’est déjà l’heure de repartir, afin d’arriver a Keleya avant la nuit. Les lumières du coucher de soleil sont tellement belles, qu’on est obligés de s’arrêter, prendre des photos et filmer cette escapade dans la brousse.













KELEYA : DEUXIEME TOURNOI DE FRISBEE

Dimanche 28 novembre.

Il nous tenait vraiment à cœur de profiter de notre séjour pour organiser un tournoi a Keleya. Nous avions seulement 2 jours pour l’organiser. Ici le problème n’est pas la dispo des terrains,mais plutôt le transport des joueurs, le financement des véhicules et de l’eau. Après une vingtaine de coups de fils entre Keleya et Bamako, le tournoi prend forme : ce sera donc dimanche 28 novembre de 8h a 10h30 sur le terrain de sport de Keleya avec 4 équipes :

Diamanti, l’équipe locale féminine créée et formée par Vincent, entraînée par Mohamed ;

L’équipe féminine de Ourou, un village situé à 22 km de Keleya, formée par un instituteur très motivé ;

Bakacity, l’équipe de Bakaribougou que nous avions vu a l’hippodrome ;

Fribless, l’équipe de Niarela, coachée par Dieudonné et Nicolas un canadien.

Le terrain est tracé à la cendre. Il fait 40x20m avec deux zones d’en-but de 6m. Le format sera un 5x5, avec des matchs de 2x10min.

Les 2 équipes de Bamako, Bakacity et Fribless ayant eu quelques soucis sur la route, nous faisons un 1er match Diamanti-Ourou en présence de Mr le Maire, le directeur de l’école, celui du dispensaire et le représentant du sous-préfet…

C’est la première secrétaire de Mairie qui donne le coup d’envoi du tournoi.

Monsieur le Maire tout sourire après la remise de l'album photo offert par Vincent.


Coup d'envoi donné par la première secrétaire de Mairie.


Les matches

Diamanti-Ourou
La 1ère mi-temps est très accrochée. Les filles sont très compétitives et ne se laissent pas faire. Il y a de très belles passes. A la mi-temps, le score est de 6-6. La 2ème mi-temps est a l’avantage de Ourou : les filles sont plus physiques et tiennent mieux la chaleur. Fin du match, Ourou l’emporte 13 à 8.



Les passants aussi sont intéressés par ce nouveau sport.


On amène des chaises supplémentaires pour les spectateurs.

Niarela-Ourou

Match intéressant puisque Niarela est une équipe 100% mec et Ourou 100% filles.

Les filles tiennent le coup et ne sont pas impressionnées par les gars. Malheureusement, les garçons sont plus physiques mais aussi ont bien plus l’habitude de faire un sport collectif, de se déplacer en courant…

Le score est sans appel 11-1. Cependant les filles ne sont pas démoralisées et souhaitent même continuer ce type de rencontre afin de mieux progresser.



Un rayon de soleil est gentiment venu se glissé par là...




Diamanti-Bakacity

On se retrouve encore dans un contexte Filles contre Gars. Aussi Mohamed le coach de Keleya et moi-même décidons de rentrer dans l’équipe Diamanti. Il est difficile de jouer contre des gars, qui savent se déplacer, au contraire des filles qui ont un jeu statique.

Le score aussi est sans appel 9-2, même si nous tenons mieux que Ourou.





La finale :

En raison de la chaleur (il est midi), nous décidons d’un commun accord avec tous les entraîneurs d’arrêter les matches de poule et de classement et de passer directement a la finale qui opposera Bakacity a Fribless.

C’est le remake du dernier tournoi organisé fin octobre a Bamako. L’équipe de Niarela est ultra motivée pour essayer de battre enfin leurs voisins de Bakaribougou. Le score a la mi-temps est de 5 à 2 pour Bakacity. Bakacity domine, surtout grâce à 2 joueurs capables de tout rattraper en zone. Niarela est un peu moins bien structuré. Après un discours remotivant et quelques conseils de Nicolas, la 2ème mi-temps se passe mieux. Le score final est de 10-7 pour Bakacity.

La motivation est ultra présente dans les 2 camps.






On en profite pour partager tous ensemble un bon déjeuner, préparé par la cuisinière locale Mme Touré. Le riz au gras est très bon, nous avons pu aussi avec des bananes et des sodas pour tout le monde. Nous avons pu offrir ce repas aux joueurs grâce à l’argent généré par la vente de cartes postales des Monkey. J’en profite aussi pour remettre aux Diamanti, l’équipe locale, le disc d’or. J’explique la signification de ce disc pour notre club de Grenoble, et je leur demande d’en prendre bien soin, comme un trophée.

La journée a été belle, l’objectif principal de mon séjour est atteint : le tournoi de Keleya a eu lieu et s’est bien passé.

Les spectateurs étaient là, les sourires et l’envie aussi. Ca fait vraiment plaisir !


Madame Touré pendant le service du repas.


Le traditionnel lavage des mains.


Le repas.


Diamanti Keleya.


Ourou.


Niarela.


L'équipe vainqueur, Bakacity.


Photo de famille de ce deuxième tournoi de Keleya.

MATCH DE FOOT A SOULOUBA

Samedi 27 novembre.

Samedi, après être allé saluer Mr le Maire, il nous propose d’aller voir ensemble le match de foot dans le village voisin Soulouba. Notre arrivée ne passe pas inaperçue… même les joueurs ont ete déconcentrés à l’approche de ces 2 toubabs avec Mr le Maire. Vite vite on nous apporte des chaises et on nous place au meilleur endroit.

Il doit y avoir plus de 200 spectateurs et supporteurs pour un match amical entre 2 petits villages, c’est assez énorme cette ambiance !!! Au moment où Soulouba – mené 2-0 – marque un but, c’est l’orgie!!! Tous les spectateurs hurlent de joie et tapent dans les mains, ils accourent sur le terrain pour féliciter l’équipe. On aurait dit la finale France-Bresil de 98. L’émotion est intense, et la foule euphorique !!! Sacré moment qu’on vient de vivre !!!...

... En voici la vidéo...


KELEYA : LA VIE EN BROUSSE

Vendredi 26 novembre au mercredi 1er décembre.


Keleya est une petite agglo à 100kms de Bamako sur la Nationale 7. C’est une sous-préfecture de Buguni qui regroupe une vingtaine de villages dont le chef-lieu Keleya. Notre contact sur place est Louise, la correspondante Right To Play. Il faut bien compter une journée pour faire le tour de tous les notables du village qu’il faut saluer.

Les salutations et présentations sont très importantes au Mali. Ca dure au moins une minute. Il faut dire bonjour, comment ça va, prendre des nouvelles de la famille, de Bamako, du voyage etc… et ceci avec tout le monde. On en profite d’ailleurs pour me baptiser car mon prénom français veut dire « pas si bon » en bambara, alors il faut le changer… et trouver quelque chose de mieux prononçable pour les Maliens. Je suis donc maintenant Aminata Bagayoko.


La vie au village

Ici c’est la brousse. Pas d’activités, de bars ou autres pour se divertir. Les journées sont rythmées avec le lever du soleil, puis l’arrivée de l’électricité à 18h et sa coupure vers minuit/1h. On tire l’eau au puit ou on va la chercher au forage public, on fait la lessive avec la planche a laver et on fait la cuisine au charbon.

Le matin, c’est petit déjeuner, puis les femmes font la lessive tandis que les hommes partent au champ ou à la boutique et les enfants à l’école. Puis c’est le déjeuner suivi d’un petit repos et retour aux activités jusqu'à la tombée de la nuit. Là, avec l’arrivée de l’électricité, tout s’allume d’un coup : les lumières, les postes et surtout la télé !!! On se regroupe autour d’une télé et on regarde les émissions : feuilletons, films, reportages, infos de l’Europe, il y a plus de 100 chaines, donc de quoi faire. Pour le dîner, il est de coutume d’inviter les personnes autour de nous a partager le plat. Les soirées sont très conviviales !

Les repas tournent autour du riz au gras plus ou moins agrémenté ou de bouillie de riz ou de mil (une sorte de riz au lait).

En tout cas, nous avons été reçus comme des princes et c’était dur de repartir et de laisser des amis ici.


Deux Toubab dans la brousse

Difficile ici de passer inaperçu. Notre couleur de peau nous trahit. Aussi partout ou nous sommes passés, les enfants accouraient en criant « toubabou toubabou » et les adultes testaient notre bambara (pas fameux pour ma part, Chess se débrouille bien mieux). Il y avait même de tous petits enfants de 18 mois qui pleuraient et allaient se cacher dans les pagnes de leur mère quand ils nous voyaient. Ce qui faisait bien marrer les parents. Les enfants pouvaient rester des heures à nous regarder, sans parler, complètement fascinés par cette peau différente de la leur. Il a fallu un temps d’acclimatation et de reconnaissance pour les plus jeunes avant d’arriver à jouer avec eux.


La lessive matinale.


Le puit dans la cour de la maison.


Salif, notre hôte.


Ici comme en ville, le football est omniprésent.


Révisions en pleine nature.


La télévision anime chaque soirée.

lundi 6 décembre 2010

ULTIMATE FRISBEE - INJS, CARITAS ET SEBENIKORO

Jeudi 25 novembre.

INJS

Nous avons rendez-vous à 8h à l’INJS avec Djougal, l’entraîneur du quartier ATT bougou. L’INJS c’est l’Institut National de la Jeunesse et des Sports. Djougal y enseigne et a mis en place un module facultatif d’ultimate. C’est donc l’occasion de rencontrer cette première promo. L’INJS est à côté du stade du 26 Mars. C’est THE stade de Bamako. Il est énorme (50 000 places), c’est là que jouent les Aigles du Mali et c’est là aussi que se passent les gros concerts, Tiken Jah, etc… j’en ai des frissons !

A l’INJS, les futurs éducateurs en sont à leur deuxième séance d’ultimate. Le revers est à peu près correct, le coup droit a travailler… on en est pas encore a faire un match. Le problème qui se soulève de plus en plus au fil des rencontres, c’est que les entraîneurs n’ont pas le niveau technique suffisant pour pouvoir former des joueurs… En tout cas, Djougal est très content de nous accueillir et très motivé pour mettre en place un module frisbee dans le cadre de formation des profs, nous en discutons aussi avec le directeur de l’INJS. On en profite pour laisser quelques frisbees a l’INJS afin que Djougal n’apporte pas tout le temps ceux de l’ATT bougou.







Caritas Mali

Pour le déjeuner, nous avons rendez-vous a quinzambougou chez Caritas. Vincent souhaitait offrir un repas aux enfants qu’il avait côtoyés lors de sa mission l’an dernier. Il a d’ailleurs laissé un énorme souvenir ici, les garçons qui sont arrivés après le passage de Vincent parlent de lui et le connaissent !! On offre l’album photo et la grande photo. Les gosses sont comme des fous, certains se reconnaissent, un grand bavardage a lieu autour de Gabriel l’éducateur, qui essaie de prendre soin des photos…

C’est le moment de sortir notre frisbee, et de faire 3 colonnes avec les enfants, hop hop hop petite séance de lancer avant le déjeuner. Ca plait bien, les enfants sont doués, certains s’étaient déjà entraînés au coup droit. Ici, on ne peut pas former d’équipe stable car les enfants sont là temporairement, le temps de retrouver leur famille. Mais c’est une belle activité quand même !

C’est le moment du repas. Nous partons avec Gabriel chercher du riz au gras avec un peu de viande et de poisson. Le riz au gras est le plat local : du riz avec une sauce tomate aux légumes et au piment dans laquelle on peut ajouter pommes de terre, igname, bœuf ou capitaine (le poisson du fleuve Niger) ou poisson séché.

C’est peut-être le moment de vous parler de la tradition à table. On mange par petits groupes (5-6) autour d’un même plat. Il y a un certain ordre hiérarchique : les vieux sont sur des chaises, les plus jeunes doivent rester accroupis. Et, pas de fourchette, on mange avec la main droite (la main gauche sert plutôt pour aller aux toilettes…oui oui, on s’est un peu moqué de moi la 1ere fois ;-).

Manger à la malienne c’est comme ça, qu’on soit pauvre ou non, à la ville ou dans la brousse. L’hygiène est irréprochable : tout le monde se lave les mains avant et après le repas. Du coup, c’est très convivial !

C’est déjà l’heure de repartir. Les enfants remercient bien Vincent, Félix et Gabriel te saluent aussi.

L’après-midi, avant d’aller voir la nouvelle équipe de Sebenikoro, je passe voir Right To Play, l’ONG canadienne qui développe les activités sportives. Ca fait partie de la mission de développement de l’ultimate au Mali. Affaire à suivre…













Sébénikoro

A Sébénikoro, Sékou est là pour m’accueillir. Sékou est un militaire, responsable du sport à l’armée qui a formé une équipe dans une ville du Mali. Depuis quelques semaines il est a Bamako et souhaite s’investir a fond dans l’ultimate. La preuve ? En 3 semaines il a formé une équipe de jeunes a Sebenikoro, qui je pense ont le niveau pour aller chatouiller les équipes de Bakacity et Niarela. On retrouve encore cette motivation que ce soit du coté du coach ou des joueurs. Je comprends de plus en plus pourquoi le développement du frisbee au Mali est un projet qui est important pour Rodrigue et Vincent. La motivation des gens ici est telle qu’on se prend au jeu et qu’on ne souhaite qu’une seule chose, créer rapidement une fédération, un groupe moteur et améliorer les formations des entraîneurs afin de faire progresser ce sport dans tout le Mali.